samedi 12 mars 2011

Puis ils sont venus me chercher



Quand ils sont venus chercher les internautes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas un pirate.

Quand ils sont venus espionner les journalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas journaliste.

Quand ils sont venus virer les humoristes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas humoriste.

Quand ils sont venus chercher les immigrés,
Je n’ai rien dit,
J'étais Français.

Quand ils sont venus chercher les Français d'origine étrangère,
Je n’ai rien dit,
J'étais Français. Enfin je le croyais.

Quand ils sont venus interdire les apéros Facebook,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas alcoolique.

Quand ils sont venus corrompre l'opposition,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas opposant.

Quand ils sont venus changer les règles électorales,
Je n’ai rien dit,
Je ne votais pas.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndiqué.

Quand ils sont venus remplacer les juges par des procureurs, des préfets ou des Dupont-Lajoie,
Je n'ai pas jugé utile de l'ouvrir,
Je n’étais pas juge.

Quand ils sont venus désigner les directeurs de radio et de TV,
Je n’ai rien dit,
J'ai regardé Secret Story.

Quand ils sont venus diffuser leurs programmes TV,
Je n’ai rien dit,
Je ne me pensais pas manipulé.

Quand ils sont venus chercher les Roms,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas Rom.

Quand ils sont venus filtrer Internet,
Je n’ai rien dit,
Je ne suis pas pédophile.

Quand ils sont venus interdire Wikileaks,
Je n’ai rien dit,
Car ils m'ont dit que la transparence c'était la dictature.

Quand ils sont devenus amnistiés,
Je n’ai rien dit,
Je n'étais pas au courant.

Quand ils sont venus mettre à la disposition de la police tous les mots de passe des internautes,
Je n’ai pas protesté,
Je n'étais pas un terroriste.

Quand ils sont venus me prélever mon ADN pour le conserver 50 ans,
Je n’ai pas protesté,
Je n'ai rien à me reprocher.

Quand ils sont venus fraterniser avec des dictatures,
Je n’ai pas protesté,
Je n'étais pas un opprimé.

Quand ils sont venus installer une caméra dans ma rue,
Je n’ai pas protesté,
Je n'étais pas un délinquant.

Quand ils sont venus ficher la population comme sous Pétain,
Je n’ai pas protesté,
Je ne connaissais pas l'Histoire de France.

Quand ils sont venus chercher les Musulmans,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas Musulman.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester.



7 commentaires:

stef a dit…

Une grand homme ce Batinder. Respect !

Dégouté de la politique a dit…

Tout à fait d'accord avec ce qu'il dit... mais hélas quelle solution propose t'il ? Que la gauche, pour éviter un nouveau 22 avril, se rassemble. Ca semble logique d'un point de vue stratégique, sauf que concrètement, il faudrait se rassembler autour de qui ? A priori du candidat du plus grand parti à gauche... donc DSK !
Eh bien moi je suis de gauche, et il n'est PAS QUESTION que je vote pour un pourri d'ultralibéral pro mondialisation dans son genre !!! Alors si la gauche veut gagner, il faudrait qu'elle commence par se choisir un candidat DE GAUCHE !!

Anonyme a dit…

Et je vois bien quelqu'un venir commenter en disant qu'il ne voterait sûrement pas pour un illuminé anti-mondialiste et qu'il faudrait un candidat un peu MOINS communiste (je caricature).

Bref.

Sinon joli texte, belle vidéo.

Parfois je me demande de quoi on parlerait si les médias (presse exclue) fermaient leur gueule. Si les petites phrases et les thèmes faciles n'étaient pas leur seul but.
Avec cette pseudo-politique on encule des millions de français qui du coup ont envie d'enculer des millions de français de confession musulmane.

orfeo34 a dit…

La formule utilisé en prose était une bonne idée mais il aurais fallu la filer un peu moins. Elle a assez d'impact quand elle est courte. Pense aux Pensées de Pascal , ce sont des fragments courts et rempli du sens de milles mots. Le fait que tu étale cette idée ça fait discours , or le discours est le propre des politiciens (ce dont la démarche ne doit pas ressembler).
Si je digresse à ce point , ce n'est pas pour faire la morale mais pour dire au rédacteur de Linux Manua que ce n'est pas en parlant politique que l'on écrase les puissants , mais en ne leur accordant aucune valeur.
Bref , ne les laisse pas être pris au sérieux.

Anonyme a dit…

Cela fait chaud au coeur de l'entendre

Zark a dit…

super texte.
Tout mes respects

maintenant
INDIGNEZ VOUS

Anonyme a dit…

Merci pour ce beau résumé de la politique de Nicolas Sarkozy. vivement que ça change.