Google permet de retrouver la trace de plusieurs blogs qui, en 2007 et 2008, avaient constaté d'étranges visites ... celle de la Présidence de la République.
En 2009, même constat pour mon blog : sur 4 mois, pas moins de 30 visites pour un total de 2 heures et demi de visite.
Ces visites régulières traduisent une certaine inquiétude de la part d'un pouvoir dont l'objectif est de contrôler Internet et qui surveille donc logiquement un blog dont l'un des articles, "les 10 antidotes anti-hadopi", a été consulté, à ce jour, plus de 1.200.000 fois.
Et ce petit manège de notre apprenti Big Brother continue ... depuis mai 2009 et jusqu'à maintenant : 80 visites de 3mn en moyenne à chaque fois :
Il s'agit d'une moyenne qui révèle d'autres surprises, en y regardant de plus près : Plus de la moitié des visites sont de ... 0 mn.
Voilà pour les faits.
Surveillance
Concernant ces connexions éphémères, mon hypothèse est qu'un logiciel de capture d'écran, peut-être automatisé, est utilisé, pour limiter les traces de visites et/ou pour des raisons d'efficacité afin de scanner un maximum de site puis permettre une analyse hors ligne. Si cette hypothèse se vérifie, nous assistons donc à début d'industrialisation de la surveillance du Web. Je suis curieux d'avoir votre avis, en commentaires, sur ce sujet.
J'écarte l'hypothèse que ces visites soient réalisées par des personnels désoeuvrés de l'Elysée (chauffeurs, gardes républicains, lèches cul(s) de service ... ). En effet, toutes les organisations "sensibles" - l'Elysée en fait assurément partie - mettent en place des restrictions d'accès à Internet et surveillent un minimum ce qui passe dans leur tuyaux. Pour ces mêmes raisons, il n'est pas imaginable que des postes soient en libre accès pour les pékins sans grades du Chateau.
En outre, une "Cellule de Veille Internet" existe bien à l'Elysée, officiellement depuis 2008, et on sait que notre Ceaucescu national est obsédé par la connaissance des mouvements d'opinion.
Enfin, la nature des sites visés - tous contestataires, la fréquence des visites, et la méthode utilisée permettent de valider l'idée qu'il s'agit bien, au minimum, d'une activité de surveillance de nature politique.
Néanmoins, surveiller depuis 3 ans, la blogosphère française, avec le provider "Présidence de la République" est surprenant.
Avons-nous affaire à des abrutis ? Surtout après 80 visites sur un blog qui explique comment devenir discret sur le web....En effet, Le B-A BA d'une surveillance efficace est de rester discrète.
Sauf si le but recherché, à l'instar des caméras de surveillance, bien visibles elles aussi, est également la dissuasion et l'intimidation.
Je retiens donc l'idée que cette longue surveillance, assumée et visible, vise 2 objectifs : surveiller et intimider, ce qui constitue une activité insolite et nouvelle pour une Présidence de la République.
Le tribunal comme menace
Pour donner du poids à cette intimidation, une première salve de plaintes du Ministère de l'Intérieur est tombée, ces dernières semaines, sur des blogs politiques contestataires ainsi que sur des internautes tout aussi contestataires, commentant des articles sur des blogs.
Le code pénal offre une palette d'outils variés pour mater les gueux qui s'expriment sur le Web : diffamation, outrage, insulte, calomnies, atteinte aux droits d'auteurs, incitation à ...., etc.
On se souvient aussi, en mars 2009, de la plainte de Nadine Morano contre des internautes qui avaient commenté une vidéo d'elle sur Dailymotion.
Il s'agissait également à l'époque d'une première tentative très claire d'intimidation des internautes. A l'époque, une "madame Michu", bien choisie, avait été poursuivie "au hasard" car elle avait eu l'affront de commenter "Hou la menteuse" sous une vidéo de la Blonde.
Une "erreur" reconnue, certes. Mais le message a bien été envoyé.
Une "erreur" reconnue, certes. Mais le message a bien été envoyé.
L'étoile jaune pour les internautes
En 2009, la loi Hadopi a instauré le principe du fameux logiciel espion pour tous les PC. Une première tentative d'Orange, de mettre en place un tel mouchard, a avorté en juin dernier.
Ces derniers mois, certains collabos zélés du Reichtag ont déposé des projets de loi pour interdire l'anonymat des blogueurs et pour n'autoriser l'accès à Internet que par l'intermédiaire de cartes à puces nominatives délivrées par l'Etat.
Ces initiatives ont fait rire beaucoup internautes. Ils ont bien tort.
Car ils doivent savoir que tous les changements lourds sont toujours précédés par ce type d'effet d'annonce, à priori farfelue. Cela fait partie des techniques de la conduite du changement : il faut que le débat naisse et que l'idée fasse son chemin. On appelle cela la "phase d'appropriation". Cela étale et limite la résistance quand la concrétisation arrive.
Ces derniers mois, certains collabos zélés du Reichtag ont déposé des projets de loi pour interdire l'anonymat des blogueurs et pour n'autoriser l'accès à Internet que par l'intermédiaire de cartes à puces nominatives délivrées par l'Etat.
Ces initiatives ont fait rire beaucoup internautes. Ils ont bien tort.
Car ils doivent savoir que tous les changements lourds sont toujours précédés par ce type d'effet d'annonce, à priori farfelue. Cela fait partie des techniques de la conduite du changement : il faut que le débat naisse et que l'idée fasse son chemin. On appelle cela la "phase d'appropriation". Cela étale et limite la résistance quand la concrétisation arrive.
Un autre ballon d'essai, majeur celui-là, a fuité cette année, en plein mois d'août sous la forme d'un rapport gouvernemental sur la Neutralité d'Internet. Il s'agit, ni plus ni moins, que de l'acte préparatoire de l'enterrement de l'internet français tel que vous le connaissez aujourd'hui.
Qui aurait pu imaginer tout cela il y a 3 ans ?
Et comment aurait réagi le pays, à l'époque, si nous en avions eu connaissance, en même temps, de toutes ces initiatives ? Nous sommes bien dans une "phase d'appropriation" ....
Réveil les Internautes ! A l'abordage :
Le début d'une confrontation numérique
Et comment aurait réagi le pays, à l'époque, si nous en avions eu connaissance, en même temps, de toutes ces initiatives ? Nous sommes bien dans une "phase d'appropriation" ....
Réveil les Internautes ! A l'abordage :
Le début d'une confrontation numérique
Comme beaucoup d'autres internautes, je continuerai à écrire ce que je veux, quand je veux, sans aucune autre limite que celle que je m'imposerai. Les barrières sont faîtes pour ceux en ont peur.
4 jours après la plainte de Nadine Morano, je rédigais l'article "Cyber Résistance" consulté, à ce jour, près de 600.000 fois.
Nous commençons néanmoins à entrevoir les prémices d'une guerre civile numérique avec une inquiétante course aux armements :
-Coté Internautes : dérision, contestation, radicalisation, désobéissance civile, vpn, cryptage, proxy, sabotage de site de propagande, ...
-Coté UMP : surveillance, intimidation, répression par l'exemple, manipulation, stigmatisation, exacerbation des peurs, filtrage et propagande financées à coup de centaines de millions d'euros.
Le Chancelier Sarkozine est en train de créer son "Etoile Noire" : Rien que pour l'Elysée, la somme colossale de 120 millions d'euros vient d'être attribuée pour son budget "Communication". Internet est l'une des principales cibles désignées.
Le Chancelier Sarkozine est en train de créer son "Etoile Noire" : Rien que pour l'Elysée, la somme colossale de 120 millions d'euros vient d'être attribuée pour son budget "Communication". Internet est l'une des principales cibles désignées.
Citoyens, Internautes, préparez-vous, la confrontation commence.
Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme :
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
Jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme :
« La liberté d'expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de « société démocratique »




